Nouvelle courte

C’était la fin d’après-midi…
Tout était étrangement calme. Car rien n’était paisible.
Une suspension, une apnée.
Puis il y eut ce hurlement.
Des loups.
Des louves plutôt, me suis-je immédiatement corrigé.
Comment discerner une louve d’un loup dans son cri, je ne pourrais vous l’expliquer.
Quelques passants se sont figés, tendant l’oreille. Les autres, comme sourds, continuaient leur chemin.
Mais ceux qui s’étaient figés se mirent en mouvement, comme un seul homme, dans la même direction. Quelque chose d’instinctif les animait. Au lieu de fuir le danger, ils se pressaient en direction des cris.
Le pas alerte.
L’adrénaline montait dans les corps.
Encore les hurlements. Encore…
Je me suis laissé emporter dans le flot.
Aucune parole, juste le froissement des étoffes et le martèlement sourd des talons ferrés.
Nous approchions d’un coin de rue, tous ensemble.
Et puis soudain…
Elles étaient là. Elles nous traversaient sans un mot, sans un regard.
Et nous, de chercher quelques messages, quelques invitations secrètes. Mais rien, juste leur foulée déterminée.
Alors nous les avons suivies du mieux que nous pouvions, de loin, essoufflés, émus.
Et j’ai compris alors que la meute, ce n’étaient pas elles, mais bien nous.

