L’année 2026 est pour moi une année un peu particulière. La photographie, le cinéma et l’écriture, que j’ai longtemps pratiqués comme des chemins parallèles, commencent peut-être à se rejoindre.
12896 entre dans sa dernière ligne droite
Après plusieurs mois de tournage et de montage, 12896, mon court métrage d’environ trente minutes tourné intégralement à Besançon, arrive au terme de sa fabrication.
Le film a été porté par une équipe locale et régionale, mais aussi par plusieurs dizaines de bénévoles qui ont accepté de participer à cette aventure. Il a bénéficié du soutien de la Ville de Besançon dans le cadre du dispositif Émergences.
La campagne de financement participatif a également été une belle surprise : plus de 120 personnes ont contribué au projet, très majoritairement à Besançon et dans ses environs. Cela donne au film un ancrage local auquel je tiens beaucoup.
Le montage image est aujourd’hui terminé. Une première passe d’étalonnage a été réalisée, la musique a rejoint les images et je consacre ces dernières semaines d’été aux dernières étapes de fabrication.
J’ai également envoyé 12896 au festival Entrevues de Belfort.
Et puis viendra le moment que j’attends sans doute le plus : celui de montrer enfin le film. Une première projection à Besançon est envisagée à l’automne.
La photographie, toujours
Le cinéma ne m’a pas éloigné de la photographie. Elle reste là, toujours.
Je continue à photographier la rue, les spectacles, la danse, les corps, les visages, les villes que je traverse. Mais je crois que ma manière de photographier évolue.
Je cherche peut-être moins à faire une « belle image » qu’à saisir quelque chose qui m’échappe.
Et parfois, je rate des photographies.
Parce que je regarde trop longtemps. Parce que le spectacle m’emporte. Parce que j’oublie pendant quelques secondes que j’ai un appareil entre les mains.
Finalement, je crois que c’est important aussi de rater des photos.
Des photographies aux histoires
Depuis quelque temps, l’écriture prend également davantage de place dans mon travail et sur ce site.
Dans la rubrique Écrits, je rassemble des textes comme Le Crumble, La Dame, Le petit chat est mort, J’ai vidé la mer, Coûte que coûte, La Recluse, La Meute ou Je traverse.
Ces textes partent souvent d’une photographie. D’un instant pris dans le réel. Puis l’image s’éloigne, les personnages apparaissent et les histoires commencent.
Je ne cherche pas à raconter mes photographies. Cela m’intéresse assez peu.
Je préfère qu’une image ouvre une porte et que le texte parte ailleurs. Qu’un visage aperçu dans une rue devienne quelqu’un d’autre. Qu’un geste invente une histoire. Que ce qui était réel pendant une fraction de seconde cesse progressivement de l’être.
Un même geste
Je ne sais pas encore très bien si la photographie, le cinéma et l’écriture finiront par ne faire qu’un seul travail.
Et finalement, ce n’est peut-être pas très important.
Je photographie, je filme, j’écris.
Ou inversement.
J’aimerais avoir plus de temps pour cela, mais voilà, c’est la vie.
Enfin, cette vie contemporaine telle qu’elle est organisée, fléchée, imposée. Une vie à laquelle je n’arrive pas vraiment à me soustraire.
Sauf quand j’écris, quand je photographie ou quand je filme.
Alors, pendant quelques heures, quelque chose m’échappe.
Ou peut-être que c’est moi qui lui échappe.
